Antigua Barbuda février 2020

Nouvel équipage, nouvelle destination, 12 jours de navigation!!

Nous accueillons Jean Michel, Julie et Fabien pour ce stage. Cette fois-ci tout le monde a son passeport. Après avoir fait connaissance, et aider Jean-Michel (qui est en fauteuil roulant) à embarquer, nous regardons le programme et la météo : elle n’est pas bonne, du vent au minimum de force 5, souvent plus et de la pluie nous attendent, à priori pour les douze jours durant… Mais ça a le temps de changer !!! Espérons-nous…

Nous partons le premier jour pour Sainte Anne. Petite navigation pour amariner tout le monde. C’est aussi le moment de découvrir les solutions pour que Jean-Michel soit installé confortablement tout en pouvant barrer ou wincher. A l’aide d’un pare-battage et de quelques bouts, nous lui faisons un bel accoudoir que Julie aimerait bien tester !

Cette fois-ci nous prévoyons d’aller jusqu’à Saint François pour gagner au maximum sur la route pour Antigua. Nous arrivons juste avant la tombée de la nuit. Ni le vent, ni la mer ne se sont calmés et la houle s’est installée la nuit dernière. Dans le chenal, les vagues déferlent moins que ce que l’on pensait, tant mieux ! Et comme récompense, des grands dauphins ont croisé notre route juste à l’entrée du chenal, autrement dit le passage le plus délicat, autant dire que le timonier (moi) a eu l’interdiction détourner son regard de la route. Nous nous amarrons à une place pas bien facile puis le chaton des voisins s’invite à bord, je lui fais la chasse, il se cache sous l’annexe situé sur le pont avant sans rentrer par le hublot pourtant ouvert. Ouff !!! Nous ne partirons pas avec lui demain matin !!

Maintenant, il faut passer le canal. Nous passons entre la Pointe des Châteaux et la Désirade assez tôt le matin, puis nous prenons le cap pour English Harbour au sud d’Antigua. Nous sommes au travers / bon plein dans une houle relativement longue, nous filons à 7 nds, pas trop secoués et sous le soleil, profitons-en, ça ne va pas durer !! Fabien découvre enchanté les départs au levé de soleil ! Puis la houle, puis encore la houle et enfin des sensations nouvelles se révèlent à lui. Vers midi, un flottement de l’estomac en décalage avec le roulis de son cerveau, une assiette pleine qui perd de l’intérêt le font légèrement divaguer… mais il ne lâche rien et nous décrit sur la vidéo ses nouvelles sensations… Nous arrivons de nuit à destination. Tout le monde sur le pont pour repérer nos amers. Le phare n’est pas en fonction comme on s’y attendait. La nuit est noire nous ne distinguons que très mal la forme de la côte, et English Harbour « était réputé pour son entrée peu visible du large » du temps de Nelson, comme Marigot Bay à Sainte Lucie. « Rien n’a changé et les nouveaux visiteurs sont souvent perplexes. » (Guide Patuelli)

Nous restons sur place devant une magnifique plage de sable blanc… encadré d’hôtel et de palmiers.. le lendemain pour les formalités, un ami de Gaël vient à notre bord, on ne s’était pas vu depuis…presque 15 ans !!!  Il nous donne quelques conseils sur l’archipel et une randonnée à faire tout près de notre mouillage. Julie et Fabien l’a font en entier, mais Gaël, Jean-Michel et moi restons sur le goudron, le sentier est trop étroit pour la chaise roulante pourtant quasi tout terrain de Jean-Michel, on trouve du coup le chemin de la bière fraiche.

La météo ne se calme pas, ce qui ne nous arrange pas. La côte la plus jolie d’après Romain est la côte au vent, mais entre les patates de corail et un vent force 6. Nous décidons de faire le tour de l’ile par l’ouest avec l’espoir que le vent tombe les prochains jours pour ensuite redescendre par l’est.

Nous partons donc pour Jolly Harbour. Toujours bon vent: force 5, rarement moins, souvent plus !! Avec des grains !!! Sinon c’est pas drôle !!! Nous faisons un petit stop pour le midi dans un bel endroit presque désert, avec quand même son hôtel et ses palmiers … puis nous repartons en empruntant le Goat Head Channel. Passage étroit de 0.1 MN entre un massif de corail et la côte avec comme repère un alignement d’un hôtel par une vallée.  Nous poursuivons vers le nord et nous faisons la course avec un bateau de régate local, nous avons bataillé avec le sourire pendant un bon moment,  ils ont eu du mal à nous doubler, alors nous sommes bien contents !!

A Jolly Harbour, nous sommes étonnés de n’avoir aucun accueil alors que nous avions réservé une place quelques heures auparavant. Nous accostons seul. L’amarrage est à l’américaine : deux pieux pour y capeler les pointes avant et amarrage cul à quai, ce qui n’est pas le plus évident. Nous sommes bas par rapport au quai et pour aider Jean-Michel à débarquer n’est pas simple. Puis nous allons aux sanitaires, mais la chaise roulante ne passe pas dans l’embrasure de la porte, Bravo !! Ici pourtant nous voyons bien que le niveau de vie n’est pas le même qu’à Saint Vincent, mais rien n’est fait pour les personnes à mobilité réduite. Les restaurants ne proposent que mets à l’anglaise : ribs, demi-poulet, frites et du mauvais vin …. Nous ne sommes plus dans les Antilles du Sud, il n’y a pas à dire !!! La nuit nous avons le droit à une pluie torrentielle de plusieurs heures.

Mal reposés, nous partons pour Deep Bay, le vent ne faiblit pas et des grains orageux s’invitent. Nous n’avons jamais autant mis notre veste de quart de toutes les Antilles !!! L’endroit est plutôt joli si on fait abstraction de l’hôtel qui prend un tiers de la plage. Antigua a la particularité d’avoir un complexe hôtelier sur toutes les baies.

Nous nous dirigeons vers Long Island. Il faut faire du près entre la barrière de corail et la côte, mais entre les grains orageux qui nous rendent la visibilité nulle et des accélérations par effet venturi le long des falaises plus des rafales à près  50 nds, nous faisons demi-tour pour raison de sécurité et mouillons à Dickinson Bay. Grande plage bordée encore de 4 ou 5 hôtels et de palmiers.

Nous repartons pour Long Island le lendemain.  Rase caillou par vent de 5 à 6, notre équipage est au taquet ! Pour en avoir vécu plusieurs, Gaël et moi voyons un grain blanc arriver au passage le plus étroit…pas glop…. Nous affalons le foc en urgence, juste avant qu’il n’arrive sur nous. Nous poursuivons tout doucement puis nous arrivons à Long Island par un temps maussade, il y a tellement de vent que l’eau est toute trouble. Pffff l’eau turquoise et les plongés avec tortues et poissons nous manquent !

Nous n’avons vraiment pas de chance avec la météo… Déjà, nous avions fait l’impasse dès le départ sur Barbuda étant donné le peu d’abris, l’état de la mer dans les canaux et les distances à parcourir dans une mer très agitée. Puis La pluie, toujours la pluie… Il a fait beau le deuxième jour et le dernier jour… Jean Michel, lui, qu’il vente, qu’il pleuve, que ça gite (sans trop de virements de bord quand même) est tranquille même quand le reste de l’équipage commence à râler…. « y en a marre de la pluiiiiiie » !!!  Pfff… il y a plein de choses que l’on n’a pas pu faire à Antigua pour les mêmes raisons d’accès, d’abris et de préservation de l’équipage…

Il est déjà temps de retourner en Guadeloupe. Nous faisons une brève escale à Jolly Harbour pour les formalités de sortie de territoire. Nous passons le canal en fin d’après-midi. Nous avons enfin du soleil ! et Julie s’éclate sous le soleil et joue à la barre avec la houle ! « On n’est pas bien là ! S0hlfous le soleil !» « houhouuuuuu » (ça c’est le bruit du bateau qui descend une grosse vague !). La mer est grosse, la houle un peu courte de 3 à 4 mètres, ça gigote pas mal !!  Et, devinez quoi !? il se remet a pleuvoir ! Fabien et Julie pètent un plomb ! Et … Râlent : «  y’en a marre de la pluie ! y’a de l’eau au dessus, ya de l’eau dessous, y’a de l’eau partout ! Même dans mon slip ! rhaaaaauuua ! ». Nous arrivons de nuit à Deshaies sous un grain … pour ne pas changer ! La baie est pleine à craquer de voiliers au mouillage. Gaël ne reconnait pas vraiment, il se souvenait d’une jolie baie avec 3 ou 4 voisins au mouillage. Seulement c’était il y a 15 ans…

Nous poursuivons vers le sud, au niveau de l’ilet Pigeon, le vent s’engouffre dans les vallées et nous envoie des rafales à 50 nds. 3 ris dans la grand voile, au moteur entre les rafales, de beaux contrastes de lumière nous illuminent entre grain gris, noir, mer bleue intense, vert profond de la luxuriance de l’ile, les jeux de lumières nous accompagnent magnifiquement, le tout sur une mer relativement lisse. Nous apprenons à notre équipage à lire la mer pour ne pas se faire prendre par surprise. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Il faut encore passer le canal des Saintes. On n’avance pas dans le clapot, le courant est fort. Notre réparation de halebas cède mais pas à l’endroit où nous nous y attendions. Puis c’est au tour du foc de se déchirer dans un virement de bord !! Bref nous sommes ravis de mouiller l’ancre au Pain de Sucre histoire de souffler et d’enfin nager dans une eau transparente et poissonneuse!!

 Le stage se termine, nous faisons escale à l’ilet Gosier pour la dernière nuit. Un gros plouf pour le fun jusqu’à l’ilet Gosier et hop nous revoilà à Point à Pitre !! L’école est finie !

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