De retour en Martinique

Nous avons obtenu une place début août finalement au port du marin. Il était moins une étant donné l’avancée de la saison cyclonique. Et oui, le mois d’août sonne le glas de la période la plus active.

Pour faire simple, les alizés sont de moins en moins forts, l’eau de plus en plus chaude, c’est la base de la nourriture pour la formation d’un système cyclonique.

Depuis la fin du confinement, ne sachant pas trop de quoi l’avenir sera fait, nous sommes toujours prêt à partir en mer. Si un système cyclonique pose problème, soit nous devons partir loin au sud pour nous mettre à l’abri avec le bateau. Mais avec la Covid 19, il faut prévoir les difficultés liées aux quatorzaines et aux frontières pas forcément ouvertes… Bref, à deux en économisant l’eau nous tenons plus d’un mois… Soit nous devons nous mettre en sécurité à terre et donc prévoir 4 jours minimum de nourriture et d’eau le temps que ça se tasse dans un abri cyclonique. Sans oublier qu’il nous faut s’occuper du bateau dans la mesure du possible pour le protéger des vents extrêmement violents et des pluies diluviennes. Ça fait rêver n’est-ce pas ???… 

Donc nous sommes prêts, nous attendons notre place au port en Martinique. C’est bon, ils nous appellent, nous pouvons arriver dans trois jours. Mais la météo n’est pas franchement avec nous. Une formation cyclonique approche, elle est instable, les prévisionnistes ne sont pas tous d’accord. La future Isaïs est très sud, elle arrivera dans trois jours sur l’arc antillais. Où exactement … bonne question, à quel stade d’évolution ( dépression, tempête, cyclone) deuxième bonne question… Youpi, quoi faire? Si nous attendons que celle-là passe, il y en aura peut-être une autre déjà en formation au milieu de l’océan… Il faut savoir que les plus rapides ne mettent que quelques jours à traverser l’Atlantique…

Bref, nous nous décidons à partir le matin même, pour un départ en début d’après-midi. D’où l’avantage et la nécessité de se tenir prêt, et de l’être vraiment!!!! Les Antilles, ce ne sont pas que l’eau transparente, les langoustes et les noix de coco…

La navigation terminée, il y a annonce de BMS sur la zone où nous sommes (sud Martinique), la dépression Isaïs passe au nord de la Guadeloupe mais elle est tellement étendue que nous en ressentirons les effets même au sud de la Martinique. Tout en sachant que les prévisions restent des prévisions et les trajectoires peuvent variées entre la réalité et ce qui était prévu de facilement 100 km… Seulement 200km nous séparent de la Guadeloupe par exemple! Alors méfiance n’est que prudence!!!!

Nous dégréons la grand-voile, le génois, le bimini et les pales de l’éolienne au mouillage avant de rejoindre notre place de port dans l’après-midi. Ce n’est à nos yeux que le strict minimum…. Mais tout autour de nous, aucun voilier au mouillage n’a l’air de se soucier de cette dépression. Sommes nous parano?? Au port, les comportements sont identiques: « ah bon il y a une dépression qui arrive?? ». Bref nous installons nos pneus récupérés en Guadeloupe en plus de nos pare-battages. Les prévisions météo sont rassurantes, la dépression passe au nord de la Guadeloupe, nous devrions avoir que les résidus de la dépression, mais en Guadeloupe ce n’est pas la même chanson, 70 nds à la Pointe des Châteaux, pluies diluviennes… Bien contents de ne plus y être. Le plus fort sera pour les îles de Puerto Rico et Haïti.

Maintenant notre objectif est de nous trouver une voiture en cas d’alerte cyclonique pour être capable de transporter notre « kit cyclone » et nous-mêmes dans un abri. Notre deuxième objectif est de trouver un pied à terre pour les mêmes raisons. Personne ne reste à bord d’un bateau s’il y a cyclone!!!!!!!!!!! Enfin pas nous !

Aujourd’hui, nos compagnons sont des lézards, un colibri et des grenouilles!!!!!!! En espérant qu’ils mangent le maximum de moustiques!!!!

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